Il existe une idée tenace selon laquelle les fêtes devraient être joyeuses, légères, presque cinématographiques.
Un Noël à la The Holiday, baigné de rires, de tables pleines et de retrouvailles simples.
La réalité, elle, est souvent plus nuancée.
Pour celles et ceux engagés dans un cheminement intérieur – yoga, introspection, écoute du corps – cette période agit comme un révélateur. Un test. Celui de tout ce que l’on a travaillé le reste de l’année, soudain confronté aux déclencheurs familiaux, aux non-dits, aux absences, aux attentes.
Quand Les Fêtes Réveillent Ce Qui Sommeille
À l’approche de la fin d’année, une tension particulière s’installe.
Dans les cercles de femmes, elle est palpable : l’anticipation prend souvent le pas sur l’excitation.
Et si la conversation tournait mal ?
Et si l’on me posait encore ces questions-là ?
Et si des conflits refaisaient surface ?
Autour d’une table trop pleine, alors que les discussions bifurquent vers des terrains sensibles, beaucoup retiennent leur souffle avant même de s’asseoir.
Les fêtes ne sont pas universellement joyeuses. Elles peuvent raviver le deuil, le manque, la précarité, ou simplement le poids d’un monde instable. Reconnaître cette réalité, sans la minimiser ni la dramatiser, c’est déjà faire preuve d’une profonde bienveillance envers soi.
Et pourtant, cette période porte aussi une force singulière. Celle de la gratitude, non pas naïve, mais consciente.
La gratitude d’être en vie, d’être en santé, de pouvoir encore se réunir. D’honorer les places aujourd’hui vides, tout en chérissant celles et ceux qui sont là, bien présents.
Une Fatigue Qui Dépasse le Corps
La fin d’année fatigue, et pas seulement d’un point de vue physique. Elle épuise le corps, bien sûr, mais aussi le mental, les émotions, et parfois quelque chose de plus subtil encore, plus difficile à nommer. Symboliquement, cette période marque la clôture d’un cycle, et quelle que soit notre croyance, cette transition est chargée, presque sacrée. Elle porte en elle une invitation diffuse à ralentir, à se relier, à poser des intentions, à travers des rituels, des traditions, mais aussi des silences qui disent parfois plus que les mots.
À cette fatigue s’ajoute le poids des attentes. L’injonction à être à la hauteur, à être « à son meilleur », souvent face à ceux qui nous connaissent depuis toujours et qui, paradoxalement, peuvent être ceux dont le regard nous touche le plus. Dans ce contexte, l’authenticité devient un fil conducteur essentiel. Être soi, surtout à cette période, même fatigué, même émotif, même avec un cœur chargé, car la magie ne naît pas dans la performance mais dans la vérité de ce que l’on est.
Dix Minutes Pour Se Retrouver
Lorsque tout s’accélère, le sommeil, les repas, les obligations sociales, revenir à l’essentiel devient moins un luxe qu’une nécessité. Parfois, cela tient à presque rien. Dix minutes au réveil, avant le petit-déjeuner, encore dans la pénombre de la pièce, assis en tailleur sur le lit ou allongé, les yeux fermés, suffisent à recréer un espace intérieur. Sans analyser, sans chercher à comprendre, simplement en ressentant, en observant le corps et en laissant passer les pensées sans s’y accrocher.
Dans une cuisine encore silencieuse, avant que la maison ne s’éveille, ce temps suspendu devient un véritable point d’ancrage. Il peut aussi être l’occasion de se relier à celles et ceux qui ne sont plus là physiquement mais qui continuent d’habiter le cœur. Leur absence, souvent plus vive à cette période de l’année, mérite elle aussi d’être reconnue et honorée, sans être repoussée ou minimisée.
Apprendre à Lâcher Sans Se Perdre
Les fêtes invitent aussi à faire la paix avec l’imprévu, avec les repas moins maîtrisés, les horaires qui débordent, les routines qui se fissurent. Il ne s’agit pas de compter, ni de se priver, encore moins de se punir, mais de vivre pleinement ces instants forts, conscients qu’ils ne reviennent qu’une fois par an. L’équilibre ne réside pas dans le contrôle, mais dans l’écoute.
Rester à l’écoute de soi, cela signifie aussi s’offrir des micro-pauses au cœur du tumulte : quelques minutes de silence, une marche revigorante, quelques pages lues à l’écart. Parfois, cela implique de dire non, de choisir moins d’invitations pour plus de présence, de se concentrer sur moins de choses, mais de les vivre plus pleinement.
Le Souffle Comme Refuge
S’il ne fallait garder qu’une seule pratique pendant les fêtes, ce serait celle de la respiration. Quelques minutes par jour suffisent pour relâcher la mâchoire, adoucir le ventre, détendre le visage et apaiser le système nerveux. Inspirer profondément, expirer lentement, en adoptant un rythme simple : cinq secondes d’inspiration, cinq secondes d’expiration, puis laisser le souffle s’allonger naturellement, en respectant les besoins du corps.
Respirer permet de revenir immédiatement à soi, de ralentir le rythme cardiaque, d’apaiser le mental et de se reconnecter au présent. C’est un refuge discret, toujours accessible, même au milieu de l’agitation.
Accueillir l’Émotion sans se Fermer
La surcharge émotionnelle propre à cette période n’est pas un détail à ignorer. Qu’elle soit joyeuse ou difficile, elle mérite d’être reconnue. Identifier ce que l’on ressent, l’accueillir pour soi, ensuite, si nécessaire, l’exprimer, permet d’éviter l’accumulation silencieuse. Poser des limites n’est pas un rejet, mais une forme de respect, envers soi comme envers les autres.
Il s’agit aussi de ne pas porter ce qui ne nous appartient pas, de créer de l’espace pour les autres sans tout emporter dans sa poitrine. Chacun traverse les fêtes avec son propre bagage, ses propres fragilités, et apprendre à les distinguer des nôtres est une forme de maturité émotionnelle.
Clore pour Mieux Ouvrir
Avant la fin de l’année, un geste simple suffit parfois : rester quelques minutes de plus au chaud le matin, s’écouter, se parler intérieurement, pleurer si besoin, rire aussi. Exprimer ce qui est là permet de ne pas se refermer.
Puis vient le passage symbolique de l’écriture. Revenir sur l’année écoulée, sur les moments forts, les défis traversés, les routines qui ont soutenu, les personnes présentes, ainsi que sur les instants où l’on s’est senti pleinement soi. Enfin, visualiser l’année à venir, les lieux, les rencontres, les projets, les opportunités, et se voir aligné, confiant, vivant.
Visualiser, c’est déjà manifester. C’est dire intérieurement : je suis prêt. Et lorsque l’on est prêt, souvent, tout commence à s’aligner.
À propos de
Aline
Née dans les montagnes de Grenoble et guidée par une énergie douce et solaire, Aline enseigne un yoga mêlant ancrage, fluidité et conscience du souffle. Formée au Népal (RYT500), elle propose des cours en français et en anglais, notamment chez Bulle à Paris et LŪM SOCIAL CLUB à Grenoble, portés par la musique et une profonde invitation à la reconnexion à soi.

