Une Réflexion Intime sur l’Apaisement de l’Esprit, la Transformation des Priorités et la Quête de Sens
Cinq ans après ma retraite, je me suis surpris à réfléchir plus profondément à ce qui compte vraiment. J’ai vécu et travaillé dans six pays : environ la moitié de ma vie en Italie, mon pays natal, et l’autre moitié éparpillée aux quatre coins du monde.
Pendant la majeure partie de ma carrière, j’ai été un cadre dirigeant exigeant. Voyages incessants, pression constante, décisions critiques : tout cela faisait partie de mon quotidien. J’étais efficace, concentré, et en apparence accompli. Mais derrière cette façade, je consacrais peu de temps à l’essentiel : ma famille, mes émotions, et ce qui donne un véritable sens à l’existence.
Avec la retraite, une bascule s’est opérée. Je ne cherchais pas seulement le calme — je cherchais la paix intérieure. Je voulais mieux me comprendre, m’ancrer davantage, et surtout, être pleinement présent pour ceux que j’aime : ma femme, nos enfants et nos petits-enfants.
C’est dans cette quête que j’ai découvert le programme Discovering Buddhism au centre bouddhiste près de chez moi. Je m’y suis inscrit dans l’espoir sincère de mieux vivre, mais ce que j’y ai trouvé allait bien au-delà. Ce n’était pas simplement lire ou méditer : c’était apprendre à vivre autrement. Peu à peu, ces enseignements ont transformé mes pensées, mes priorités, et ma façon d’être au quotidien.
1. Il Est Normal que la Vie Soit Chaotique Parfois
L’un des premiers enseignements du bouddhisme est celui que j’avais longtemps résisté à entendre : la souffrance fait partie de la vie. On commet des erreurs, les choses s’effondrent, les autres nous déçoivent, les émotions prennent le dessus.
Au début, cela me semblait être une mauvaise nouvelle. Mais en m’y confrontant, j’y ai vu une permission inattendue. Je n’avais plus besoin de faire semblant. Je pouvais commencer là où j’étais vraiment. Nommer la souffrance la rendait plus douce.
« Toutes les choses conditionnées sont par nature souffrantes. »
Aujourd’hui, je ne cherche plus à fuir ou à corriger chaque moment difficile. J’accepte. Ce passage de la résistance à l’acceptation m’a ouvert un espace intérieur et une envie nouvelle de devenir un homme meilleur.
2. Une Grande Partie de ma Souffrance Venait de Moi
L’un des plus grands déclics a été de comprendre que ma souffrance ne venait pas tant des événements que de ma réaction à ceux-ci. Je voyais bien comme je m’attachais aux choses agréables et repoussais les désagréables.
Ce constat m’a frappé lorsque j’ai vu combien de temps je passais à travailler, m’inquiéter, vouloir tout contrôler. Grâce à la méditation et l’auto-observation, j’ai commencé à voir ces schémas plus clairement.
« Le samsara n’est pas le monde extérieur, mais l’esprit contrôlé par les illusions et le karma. »
Cette prise de conscience m’a fait passer du blâme à la responsabilité. J’ai commencé à me concentrer non plus sur ce qui m’arrivait, mais sur ma manière d’y répondre.

3. Le Changement n’est Pas l’Ennemi, C’est le Chemin
Avant, je redoutais le changement. Mais l’étude de l’impermanence m’a appris à le considérer comme naturel, parfois même beau.
Cela m’a particulièrement aidé à la fin de ma carrière. Plutôt que de paniquer, j’ai peu à peu accepté que ce n’était qu’une nouvelle transition, un chapitre à ouvrir. Et ce fut effectivement le cas.
« Tout ce qui naît est destiné à cesser. »
Aujourd’hui, succès, échecs, joie ou douleur ne me définissent plus. Je les ressens encore, mais sans y rester accroché. Il y a de la place pour autre chose désormais.
4. Je ne Suis Pas mes Pensées
Ce fut une révélation. Avant, je me sentais piégé dans mes pensées anxieuses ou négatives. Mais comprendre que l’esprit est comme le ciel, et que les pensées sont des nuages passagers a tout changé.
« On apprend à observer l’esprit, pas à s’y identifier. »
Quand je me sens tendu ou fatigué, je fais une pause. Je me dis simplement : « Ce n’est qu’une pensée. » Et ce simple recul me redonne une liberté d’action.
5. Tout le Monde Fait de son Mieux, Moi Compris
La compassion a toujours été en moi, mais elle a pris une nouvelle forme lorsqu’avec ma femme, nous avons fondé African Dream ONLUS en 2006 — une ONG dédiée à l’éducation et à la santé en Ouganda et en Zambie. Cela est devenu une priorité pour moi.
En parallèle, j’ai commencé la méditation Metta, souhaitant sincèrement le bien aux autres et à moi-même, y compris à ceux avec qui j’avais du mal.
« Quand on voit les autres avec compassion, on cesse de juger et on commence à se connecter. »
Je suis aujourd’hui moins réactif. Dans les conversations tendues, je me rappelle : cette personne veut être heureuse, tout comme moi. Cela adoucit mes réponses. Et m’aide à me pardonner aussi.

6. Plus Posséder ne Rend Pas plus Heureux
J’ai longtemps couru après la réussite, les compliments, l’indépendance financière. Mais le bouddhisme m’a doucement montré que cette quête insatiable ne menait qu’à plus d’agitation.
J’ai commencé à simplifier. À dire non à ce qui m’épuisait. À lâcher le besoin d’être constamment validé. Et à ma grande surprise, je ne me suis pas senti vide, mais libre.
« La vraie liberté ne vient pas de ce qu’on obtient, mais de ce à quoi l’on renonce. »
7. L’Équilibre Vaut Mieux que la Perfection
J’ai longtemps cru qu’il fallait tout faire parfaitement, notamment sur le plan spirituel. J’ai grandi dans une tradition catholique, puis j’ai été très impliqué dans une Église baptiste à Bruxelles. Après cette période, ma foi s’est éteinte. Jusqu’à ce que le bouddhisme réveille mon besoin de spiritualité.
Le concept de la Voie du Milieu a changé ma vision : la discipline ne rime pas avec rigidité, mais avec bienveillance envers soi.
« La discipline ne signifie pas la répression, mais l’équilibre. »
Cela m’a donné la permission de faire des pauses, de réfléchir, de me réajuster. La croissance est devenue un chemin vécu, et non un idéal à atteindre.
8. Chaque Choix Sème une Graine
Le karma est devenu plus qu’un concept : une lentille à travers laquelle je perçois le quotidien. J’ai compris que chaque geste, chaque mot, chaque pensée façonne le futur.
« Le bonheur ou la souffrance ne viennent de personne : ce sont les conséquences de nos propres actes. »
Cela m’a redonné espoir. Je ne suis jamais bloqué : je peux toujours planter une nouvelle graine.
9. La Paix Intérieure que je Cherchais Était Déjà Là
Plus j’étudiais, plus je réalisais que je ne manquais de rien. Sous la peur, le doute et les efforts, il y avait déjà quelque chose de pur.
J’apprends encore à faire confiance à cela. Mais dans les rares instants de silence intérieur, je me souviens.
« La nature de l’esprit est pure, les illusions sont temporaires. »
Cette seule phrase a changé mon rapport à moi-même et à ce qui est possible.
10. Il ne S’agit Pas de Croire, Mais d’Essayer
Ce que j’aime le plus dans Discovering Buddhism, c’est qu’on ne m’a rien demandé de croire aveuglément. On m’a invité à expérimenter, à pratiquer, à vérifier.
Et cela a fonctionné. Pas parfaitement, ni tout de suite, mais profondément, lentement, véritablement.
« Ne le croyez pas parce que nous le disons. Testez-le à l’aune de votre propre expérience. »
Réflexions Finales : un Chemin et Non Une Destination
Je ne suis pas toujours calme. Il m’arrive encore de me tromper, de me disperser. Mais quelque chose en moi a changé.
Le bouddhisme m’a aidé à redéfinir ce qui compte. Je me considère comme un travail en cours : moins de poursuites, plus de présence. Moins de jugements, plus de bienveillance. Moins de peur, plus d’espace pour ma femme, pour mes enfants et pour mes merveilleux petits-enfants.
Et dans cet espace, la vie me paraît plus tendre, plus vraie. Plus enracinée. Et, honnêtement, plus belle.
« L’éveil n’est pas une destination lointaine. Il commence par la connaissance de son propre esprit. »
Et peut-être, rien que cela, c’est déjà suffisant.